Livres en follie !!!
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Les neiges de l'exil de Lian Hearn
Deuxième tome du clan des Otori
Résumé : (Rabat)
Takeo, désormais héritier du puissant clan des Otori, s'est engagé à rejoindre mes rangs criminel de la Tribu, reniant ainsi son éducation pacifique, abandonnant ce qu'il lui revient de droit, territoire, fortune et pouvoir, renonçant aussi à son amour pour Kaede. Mais la Tribu peut-elle éloigner Takéo de son destin ? Le chemin qu'il choisit le conduira au paroxysme du danger, de l'épreuve et du sacrifice, au coeur des montagnes glacées du Pays du Milieu. Kaede, pion utile dans le jeu des seigneurs de la guerre, devra quant à elle mettre en oeuvre toute son intelligence, sa beauté et sa ténacité pour s'imposer dans le monde des hommes tout-puissants et garder son précieux secret.
Commentaire :
Les neiges de l'exil, mérite d'être lu, surtout si vous avez appréciez le tome précédent. On continue dans la même veine, on retrouve les mêmes personnages... les mêmes sensations (de délices) en parcourant ces pages... à ne pas manquer, je n'en dis pas plus... je vous laisse le plaisir de la découverte...
Extraits :
Les premières lignes du roman :
"Shirakawa Kaede était plongée dans le profond sommeil, proche de l'inconscience, que les Kikuta peuvent provoquer par un simple regard. La nuit passe, les étoiles pâlirent à l'aube, la rumeur du temple s'éleva et retomba autour d'elle, mais elle ne bougea pas. Elle n'entendit pas Shizuka, sa suivante, qui l'appelait de temps en temps d'une voie anxieuse dans l'espoir de la réveiller. Elle ne sentit pas la main de la jeune femme sur son front. Elle ne perçut par l'impatience croissante des hommes de sire Araï Daiichi qui se rendaient sur la véranda pour informer Shizuka que leur seigneur attendait dame Shirakawa. Son souffle était paisible, régulier, son visage aussi impassible qu'un masque. Vers le soir, sa léthargie sembla se modifier. Ses paupières battirent et un sourire se dessina sur ses lèvres. Elle écarta ses doigts, qui étaient restés jusqu'alors serrés doucement contre sa paume. "Sois patiente. Il va venir te chercher." Kaede rêvait qu'elle s'était transformée en statue de glace. Les mots résonnaient dans sa tête avec une clarté lucide. Elle n'éprouvait aucune peur dans son rêve, elle se sentait simplement soutenue par une force fraîche et blanche dans un monde glacé, silencieux et magique."
Pendant ce temps...
"La rumeur du temple de Terayama, la cloche de minuit, les psalmodies des moines, se firent plus indistincte à mon oreille tandis que je suivais les maîtres Kikuta Kotaro et Muto Kenji sur un sentier isolé, couvert de broussailles, qui descendait en pente raide le long du torrent. Nous marchions vite, et le fracas de l'eau tombant en cascade recouvrait le bruit de nos pas. Nous ne parlions guère, et personne ne croisa n'autre chemin. Quand nous arrivâmes à Yamagata, l'aube s'annonçait et les premiers coqs chantaient. Les rues étaient désertes, bien qu'il n'y eût plus ni couvre-feu ni patrouilles de soldats Tohan pour les surveiller. Nous nous rendîmes dans une maison de marchand située au centre de la ville, non loin de l'auberge où nous avions séjourné pendant la fête des Morts. Je connaissais déjà les rues par coeur, les ayant explorées lors d'une nuit qui me paraissait remonter à une autre vie. Yuki, la fille de Kenji, ouvrit la porte comme si elle nous avait attendus toute la nuit, bien que notre arrivée eut été si silencieuse que pas un chien n'aboya."
Un autre extrait...
"J'aurais voulu lui parler seul à seul. Il restait tant de questions en suspens entre nous. Il valait peut-être mieux qu'il prenne congé de cette manière, cependant, comme s'il n'était réellement qu'un professeur affectueux dont l'enseignement m'était devenu inutile. Du reste, je devais apprendre que les membres de la Tribu ne perdent pas de temps avec le passé et n'aiment pas y être confrontés. Après qu'ils furent sortis, la pièce m'apparut plus sinistre que jamais et j'eus l'impression de manquer d'air. J'entendis dans la maison la rumeur de leur départ. Ils n'étaient pas comme tous ces voyageurs qui ont besoin de longs préparatifs et d'adieux émouvants. Kenji et Kotaro se contentaient de pousser la porte et de partir en tenant à la main tout ce dont ils avaient besoin pour le route : des baluchons légers, une paire de sandales de rechange, quelques gâteaux de riz parfumé aux pruneaux. Je les imaginai en train d'arpenter infatigablement les chemins des Trois Pays et au-delà, en suivant les fils de la toile immense que la Tribu avait tissée de village en village, de ville en ville. Où qu'ils se rendent, ils trouveraient toujours des parents. Ils ne seraient jamais à court d'abri ou de protection."
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